SES ŒUVRES : Troisième époque – Abstraction

Les motifs s’allègent et s’épurent pour faire place à une abstraction plus lyrique que géométrique. Les tensions et l’équilibre entre la forme et la couleur deviennent dominants. Ils seront les éléments essentiels recherchés par le peintre Lisken. On y perçoit nettement l’influence des créations des années 1960 d’André Lanskoy. Musicaliste, la peinture est, dans cette dernière période, également cosmique car on peut y voir le reflet des profondeurs marines ou célestes dans une gamme de couleurs au spectre varié et maîtrisé. Il y intègre une forme de modernité naturaliste stylisée.

Cette période est caractérisée par des stries ou des profils qui scandent la toile à la manière de Lucio Fontana. Ce sont de grandes hachures en relief qui évoquent des bandes de toile coupées au cutter.

L’artiste emploie différentes techniques pour appliquer ses couleurs, le pochoir soufflé, le pinceau, plus rarement le collage. Les formats de ces tableaux sont très variés, oscillant entre le F12 et le F40.

Déchirures : pochoirs à l’huile soufflée sur papier Canson 


Quelques éclairages sur les personnalités citées, en lien avec Lisken :

André Lanskoy (1902-1976) : la révolution d’Octobre chasse la famille Lanskoy de Russie. Après un passage par Berlin, André Lanskoy arrive à Paris en 1921. Il peint d’après nature et expose régulièrement en compagnie d’artistes russes. Son œuvre évolue vers l’abstraction en 1938. En 1944 la galerie Jeanne Bucher expose gouaches et toiles, il se lie d’amitié avec Nicolas de Staël. Dans les années 1950, il expose à l’étranger et ses œuvres sont appréciées aux Etats-Unis. Il travaille sur de nouveaux supports, la tapisserie, la mosaïque qui lui valent d’importantes commandes publiques. Une association des Amis d’André Lanskoy est créée un an après sa mort en lien avec le musée d’Art moderne de Lille Métropole (LaM) qui alimente la documentation sur le catalogue raisonné de son œuvre.

Lucio Fontana (1899-1968): né en Argentine d’un père italien, formé à la sculpture, il vit essentiellement à Milan. De retour dans son pays natal pendant la Seconde Guerre mondiale, il définit le mouvement spatialiste qu’il diffuse dans ses manifestes dès 1947, quand il revient en Italie. Les œuvres y sont conçues en relation avec le monde environnant grâce à l’espace et la lumière. Ses toiles trouées coupées d’un coup de cutter en sont l’expression. Des Concetti spaziali (concepts spatiaux) aux Tagli (toiles fendues), il impose un style tridimensionnel qui caractérise son art dans les décennies suivantes. Son travail sur la matière et la lumière le conduit à créer sur de nouveaux supports, la sculpture et les néons. Le musée d’Art moderne de la Ville de Paris puis le musée Guggenheim de New-York lui consacrent les premières rétrospectives après sa mort (1970 et 1977).

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